De retour pour ses plus de 15 ans d’existence !

Une place en ce monde

Tant de choses à dire et si peu qui parviennent jusque là. J’allais écrire « petit moment de partage personnel » mais n’est-ce pas l’essentiel de ce qui est publié ici ? Et puis n’est-ce pas le propre d’un blog d’ailleurs, que d’y partager ce qui nous est personnel ? Donc me voilà, enfermée psychologiquement et relativement physiquement depuis 5 ans.

5 années, c’est à la fois si peu et bien trop dans un monde qui change constamment. Pour moi c’est le temps passé depuis que ma lumière a commencé à s’éteindre.
C’est peut-être la prise de conscience qu’il ne me reste qu’une toute petite étincelle qui fait que je me retrouve ici, aujourd’hui. L’espoir de la raviver un peu ? Si je n’essaie pas tout ce qui est à ma portée, je ne pourrai m’en prendre qu’à moi une fois dans les ténèbres complètes, sans aucun braise incandescente à souffler pour relancer le moteur. Et pourtant, si vous saviez comme je rêve d’un brasier flamboyant… Nous serions alors dans mon cœur comme en plein solstice d’été !

« Solaire », « lumineuse », ce sont des mots que mes proches ont utilisé pour me décrire dans ma vie et je crois bien que c’étaient les plus beaux compliments qu’il m’ait été donné de recevoir. Aujourd’hui « terne », « effacée » seraient certainement plus appropriés et c’est bien ce que je vois dans le miroir que m’offre leurs yeux lorsqu’ils me regardent. Un peu de pitié, d’incompréhension, sûrement un peu de peine également. Sont-ils tristes de ne plus profiter des rayons qui, somme toute, nous faisaient du bien à toutes et tous ou bien sont-ils conscients que je n’ai jamais été aussi proche de m’éteindre ? Sont-ils touchés là où mon égoïsme pensait sombrer seul et sans conséquences ?

Je me souviens de l’époque où écrire était ma deuxième nature. Que ce soit dans mille et un calepins brouillonnés, raturés, froissés ou bien ici sous forme d’articles que j’estimais -si ce n’est utiles- à minima agréables à lire, parfois même drôles. D’abord et souvent pour moi-même puis, bien avant mes premiers streams de 2013, pour les autres également. C’était mon partage préféré. La plume, le bic, le clavier à la main, je me sentais forte et entière… Embrasée. Connectée à d’autres êtres humains dans ce qui m’est le plus sincère et naturel : les mots. Je savais exprimer joie, peine, colère, frustration, désir à travers mes écrits. Puis le blocage émotionnel est devenu si grand que même l’écrit ne me permettait plus de les sortir.

Les autres ont tellement à nous apporter… Cela fait des mois que j’essaie de griffonner, je me suis même déjà connectée ici à plusieurs reprises dans l’espoir que le naturel revienne au galop, en vain. Et il a suffit d’un tout petit échange passionné avec un ami sur WoW pour que je crois de nouveau. J’en ai eu d’autres ces dernières années, bien peu certes, mais qu’avait-il de différent ? Une créativité pure, une sincérité mieux exprimée ou bien juste un timing adéquat ?

Quoi qu’il en soit j’aurai profité de ce sursaut, pour tenter de renouer un peu avec celle que j’étais avant. Celle qui s’exprimait, qui ne se cachait pas derrière une barricade longue comme la muraille de Chine et haute comme le pire gratte-ciel dégueu de Manhattan. Ce n’est pas encore aujourd’hui que je vous referai sourire, si j’en ai encore le pouvoir, mais j’imagine que c’est déjà quelque chose en soi. Et pas juste un égotrip décousu dont j’aurai honte pour les semaines à venir. J’aimerais juste retrouver mon sourire, ma hargne et la force d’aider les autres, comme avant.

Prenez soin de vous.

2 réponses à « Une place en ce monde »

  1. Avatar de Y. (Pigeon Doré)
    Y. (Pigeon Doré)

    J’ai lu ce texte, et je m’en serais voulu de ne pas y apporter un commentaire. J’espère qu’il donnera un tout petit peu d’air oxygénée à cette lumière, dont l’épuisement fait de la peine.

    Les autres ont tellement à nous apporter…

    Cette petite phrase résonne beaucoup avec ce qui structure mon expérience récente. Dans un monde qui s’assomblit de jour en jour, l’espoir que j’entretiens est celui des communautés, des voisins qui s’entraident, des personnes qui s’apportent la solidarité. On ne change pas le monde avec cela, mais on créé des petites poches de lumières. Je m’accroche à ces lucioles, et je vois ces petites poches partout, encore récemment dans la réaction communautaires des habitants de Minneapolis…

    La centralité de ces liens communautaires paraissent évident, j’en suis sûr, pour de nombreuses personnes. Ce n’était pas forcément mon cas qui était longtemps plutôt fermé et solitaire. Et je pense que mon existence s’améliore dans le chemin que j’essaye de prendre vers les autres et vers la création de solidarités.

    Pourquoi écrire tout ça? Parce que, d’une façon subtile, je pense que tu (vous?) n’es pas pour rien dans ces réalisations. Avoir eu pendant plusieurs année, un peu de joie, un peu de rage et cet amour du partage au milieu des fils de mes réseaux sociaux, je pense, y a subtilement contribué. Ce soleil réchauffait bien des coeurs, même d’inconnue à inconnu.

    Aujourd’hui, je suis heureux d’avoir revu cette petite étincelle. Ses mots touchent encore! Et j’aimerais lui rendre un peu de cette force (car c’est juste qu’elle en reçoive), mais à défaut, au moins un témoignage.

    Je vous souhaite beaucoup de force, dans des épreuves dont on mesure rarement la difficulté, ainsi que beaucoup de soutien.

    Prenez soin de vous.

  2. Avatar de catherinepoupeney
    catherinepoupeney

    Dans un jeu comme dans la vie, il y a des moments où tout semble figé.Avancer devient difficile, parfois même invisible.

    Pourtant, tant que quelque chose brûle encore, la partie n’est pas terminée.Et même quand on ne la voit pas, la guilde est là.

    Tu comptes pour beaucoup et ils ont besoin de toi dans leur guilde de la vie…Et c’est mon cas !Le bonheur ne disparaît pas, il attend parfois qu’on soit prêt à rejouer un tour, accompagné et je suis là.

    Et je souhaite à chacun de pouvoir retrouver ce plaisir simple : jouer, créer, partager, peu importe l’âge, le niveau ou la situation.

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